la naissance en Alsace: coutumes et traditions

08 août 2005

BIENVENUE A VOUS

Ce site a pour thème la naissance en Alsace, un bien vaste sujet.

Dans cette région ancrée dans de fortes traditions mystiques,
l'arrivée au monde d'un enfant était entourée de nombreux rites
et attentions particulières.

Nous vous en proposons un rapide aperçu dans ce site,
de la conception au baptême, sans oublier quelques comptines.

Bonne navigation !


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cigogne_alsace1

Pour naviguer de manière chronologique dans le site, nous vous invitons à consulter le sommaire ci-dessous
ainsi que la barre des chapitres sur le côté gauche.

N'hésitez pas à laisser un commentaire pour les articles qui vous ont le plus intéressés. Merci.

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quelques lectures supplémentaires

I. MONOGRAPHIE

· ARNOLD Philippe ( sous la direction de ): Cigogne : le grand livre d’un oiseau symbole.- Nuée Bleue.- Strasbourg: 1992.

 

· KLEIN Georges; LESER Gérard; SARG Freddy: L’Alsace et ses fêtes.- collection Traditions et coutumes.- DIFAL-ERCE-Jérôme DO BENTZINGER.- Parme (Italie)  1994.

 

· GANGLOFF Béatrice: Naître en Alsace : rites et traditions entourant la naissance, univers culturel et histoire des sages-femmes alsaciennes mémoire.- D.E.  promotion 1986-1987 de sage-femme 1972 Strasbourg.- imprimé à Sélestat  1988.

 

· HATT Jacques: Une ville du XVème siècle : Strasbourg.- Collection: Historique de la vie en Alsace.- Strasbourg, 1929.

 

· LEGIN Philippe: Toute l’Alsace: Coutumes et costumes d’Alsace.- Edition SAEP- Ingersheim-Colmar.-

 

· SARG Freddy: Croyances populaires en Alsace.- Strasbourg: Editions Oberlin, 1976.

 

· SARG Freddy: En Alsace, du berceau à la tombe; collection fêtes coutumes et  traditions.- Editions Oberlin.- Bar le Duc 1993.

 

· SARG Freddy: En Alsace : traditions et soins aux grandes étapes de la vie essai d’anthropologie culturelle .- Editions Oberlin.- Obernai 1987.

 

· SARG Freddy: La Naissance en Alsace : rites, coutumes et croyances; hier et aujourd’hui.- Strasbourg: Editions Oberlin, 1974.

 

· ZUMBIEHL Agnès: Légendes traditionnelles d’Alsace.- Académie de Strasbourg- Mission académique aux enseignements régionaux et internationaux.- Strasbourg CRDP 1991.


II. PERIODIQUES

 

· FLEITH Sylviane: Les sages-femmes, L’Outre-Forêt: revue trimestrielle d’histoire de l’Alsace du nord.- 4° trimestre 1997.- n°100.- p. 86 à 97.

 

· GREISLER Paul: La mortalité infantile à Morsbronn d’après les registres de la paroisse protestante, L’Outre-Forêt : revue trimestrielle d’histoire de l’Alsace du nord.- 4° trimestre 1997.-n°100.- p. 98 à 103.

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Quelques comptines alsaciennes

L'enfant étant né, il va falloir s'en occuper.
Quoi de mieux que quelques comptines pour le bercer et lui transmettre vos tradtitions.

L'Alsacien étant un dialecte, son écriture est variable.
Chaque maison a son dialecte et ses propres versions des chansons.


Voici quelques comptines alsaciennes qui m'ont bercée durant ma tendre jeunesse.
(région de Seltz)


RITTE, RITTE, ROSS,  "Au trot, au trot, cheval"

Ritte, Ritte, Ross,
In Bade steht a Schloss,
In Bade steht a Herrehauss,
Do Louhe drei Mamzelle rauss,
Eine die spinnt Side,
Die and're die spinnt Wide,
Die ander spinnnt a rota Rock
Fur unser kleiner mitnutziger Jacob.

SCHLOF, KINDELE, SCHLOF!  "dors, petit enfant, dors"

Schlof, Kindele, schlof !
de Babbe hiet die Schof,
d'Mamme hiet die Lämmele,
drumm schlof min goldigs Hämmele,
Schlof, Kindele, schlof !

REIHE, REIHE, ROSE,

Reihe, Reihe, Rose,
scheeni Aprikose,
Veilchen un Vergissmeinnicht,
alle Kinder setzen sich.
Grossmama, Grosspapa,
Ringele, Ringele, hopsassa !

DER OCHS, LE BOEUF

Der Ochs, le boeuf,
la vache, die Kuh,
ferme la porte,
die Tür mach zu !

DESS ISCH DE DAUME.

Dess isch de Daume,
der schittelt Pflaume,
der hebt se huf,
der tragt se heim
un der ganz klaane Stumbenickel esst se ganz allein.

SCHNECK', SCHNECK'

Schneck', Schneck', strecke
deine Ohren raus,
oder ich schlage dir
ein Loch ins Haus.

HANS IM SCHNOCKELHOCH

Der Hans im Schnockeloch
Hett alles, was er will ;
Doch was er will, des hett er nit
Un was er hett, des will er nit !

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4/A- La question du choix du parrain et de la marraine

Le parrain et la marraine étaient le plus souvent de la famille du baptisé. Mais avant que les parents fassent la demande aux intéressés, il fallait qu’ils demandent l’avis au pasteur ou au prêtre. Une fois le choix approuvé, les personnes choisies avaient du mal à refuser. Comme c’est une fonction coûteuse, il était fréquent de s’adresser à une personne aisée, qui n’appartenait pas au cercle familial.

 Chez les catholiques, il n’y avait en général qu’un parrain et qu’une marraine; tandis que chez les protestants il y avait deux “couples”.

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4/B- La cérémonie et les festivités civile

LA CEREMONIE 

 La cérémonie avait lieu généralement le premier dimanche qui suivait la naissance. La famille formait une procession, ouverte par la sage-femme portant le bébé, et par les parrains et marraines.

 L’enfant était vêtu pour l’occasion d’une longue robe blanche et était allongé sur un coussin de baptême (Taufkissen). Tout le monde se revêtait de son plus beau costume; à noter que la tenue de la marraine était importante car elle influait sur la vie de l’enfant.  

 Le cortège se dirigeait alors vers l’église sous une explosion de pétards, afin d’éloigner les mauvais esprits. La cérémonie, en soi, n’a que peu changé depuis cette époque; si ce n’est le fait que le père devait se tenir au fond de l’église lors du baptême. A la sortie de l’église, des Zuckererbsen étaient lancés aux enfants.  

       LES FESTIVITES 

 Le repas qui suivait était toujours très copieux. En effet les parents et le parrain dépensaient beaucoup d’argent pour fêter l’événement, et cela malgré les nombreuses ordonnances qui tentaient de limiter ces excès.

 Chez les protestants, le pasteur était souvent convié à la table ( le curé n’en avait pas le droit ). Mais l’invitée d’honneur était la sage-femme. Elle avait d’ailleurs une place et un verre spécial ( Hewammglas ), souvent rempli de schnaps, qui lui étaient réservés.

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4/C- Le berceau de baptême: une particularité protestante

Le berceau de baptême était un petit berceau décoré que la sage-femme (ou la marraine si nécessaire) transportait lors de la procession jusqu’à l’église. Le berceau, dans lequel était couché l’enfant, était alors posé sur un tréteau. L’enfant était ensuite directement baptisé dans ce berceau portatif.

L’origine de cette coutume semblerait être typiquement alsacienne et serait née dans le pays de Hanau (existence attestée au XVIème siècle), puis se serait étendue dans les villages protestants de Basse Alsace. La tradition du berceau de baptême se perpétua jusqu’au XIXème siècle, puis s’arrêta.

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4/D- Les présents offerts au baptisé

· 

LE GOETTELPFENNIG


        Le Goettelpfennig est un denier de baptême, qui était offert par le parrain et la marraine au baptisé. C’était un bien personnel dont l’origine est certifiée dès la fin du XIIème siècle, et dont la disparition est évaluée à la fin du XIXème siècle. Cette monnaie de baptême était frappée par les grandes villes de Colmar, Strasbourg, Haguenau et Wissembourg. Le budget prévu pour les cadeaux de baptême était souvent très important; c’est pourquoi la ville de Strasbourg, par exemple, établissait souvent des ordonnances destinées à limiter ces dépenses ( limitations peu suivies par les familles ). Il arrivait aussi que le baptisé reçoive un médaillon de baptême personnalisé, dont on peut en observer un exemplaire à la bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg. 

 LE GOETTELBRIEF


Le Goettelbrief est d’origine alsacienne et plus récente que celle du Goettelpfennig. Il s’agit d’un papier généralement décoré, sur lequel sont notés la valeur du don fait à l’enfant, des informations sur l’enfant et son baptême, et les vœux que les parrains et marraines souhaitaient à l’enfant. C’est dans cette lettre qu’était généralement enveloppé le Goettelpfennig.

      Au fur et à mesure que cette coutume s’est encrée dans les familles alsaciennes, la présentation du Goettelbrief a évoluée: lettres imprimées, décors peints à la main, emploie de la méthode du canivet, etc...


goettelbrief2


LE MEDAILLON DE BAPTEME


    Il arrivait que les Göttelpfennig étaient remplacés par des médailles de baptême, dont certains sont actuellement visibles au musée de Haguenau et à la bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg. Cette coutume est principalement catholique tout en sachant qu’il en existe cependant quelques-unes d’origine protestante, dont trois d’entre elles sont exposées au musée d’Unterlinden.

On doute cependant sur le moment où l’on offrait ces médaillons. En effet aucun souhaits de baptême ne les mentionnent ce qui laisse à supposer qu’elles étaient offertes indépendamment des vœux de baptême.


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4/E- La cérémonie des relevailles

La cérémonie des relevailles correspond à la première fois que la mère sort de la maison après l’accouchement. Cela se passe en générale quatre semaines après la naissance ( réapparition des règles ). Les catholiques avaient un rituel plus complexe que les protestants. Au XIXème siècle, chez les protestants, cette cérémonie était même directement jointe à celle du baptême.

Mais dans ces deux religions, la cérémonie était accompagnée d’un copieux repas afin que la mère reprenne les forces perdues lors de l’enfantement.

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3/a- La reconnaissance du père

Cet acte de reconnaissance du père symbolisait l’acte de reconnaissance social de l’enfant.

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L’importance de cette reconnaissance remonte à l’Antiquité romaine, où l’enfant d’un père n’était reconnu comme sien que si le père le souhaitait. Un enfant non reconnu par le père portait alors le nom de sa mère.

Une légende celtique racontait même que le père qui doutait de sa paternité, posait le bébé sur un bouclier déposé sur le Rhin. Si l’enfant était légitime, le bouclier devait flotter, sinon… les flots s’occupaient de l’enfant illégitime.

En Alsace, cet acte se déroulait juste après la naissance, et généralement ainsi :

La sage-femme, après l’accouchement, posait le nourrisson par terre ; le père devait alors le ramasser et le remettre à la sage-femme, afin qu’elle puisse le nettoyer et l’emmailloter dans un linge, faisant ainsi acte de reconnaissance.

 

Le rôle de la sage-femme prenait alors tout son sens, car son nom germanique, die Hebamme, signifie « la nourrice qui rend l’enfant à son géniteur » ( Heb= soulever ; Amme= grand-mère, vieille femme, nourrice ).

Après cette reconnaissance du père, la sage-femme et la famille devaient s’occuper de la mère et de son enfant.

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Posté par kidiboo_caro à 11:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]