Les préparatifs de la parturition, ou le rituel magico-religieux entourant la naissance

 

              La période de l’accouchement est l’un des instants où la mère et l’enfant sont les plus vulnérables. Ils sont des proies faciles et convoitées des forces maléfiques. Les croyances populaires prenaient alors place pour protéger ces deux êtres.

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 La maison de la future parturiente était l’objet de tous les systèmes de protection contre le malin. On traçait à la craie, ou au charbon, un cercle autour de la chambre de l’accouchée ou de son lit. On pouvait aussi utiliser un long couteau, le Krasmesser ou Kreissmesser ( de l’allemand kreissen, signifiant accoucher ), afin de décrire des cercles magiques de vie autour de l’accouchée. Le métal du couteau permettait de mettre en échec les démons. Il arrivait aussi que le père ou la sage-femme dessine le Drudenfuss ( pentagramme ou étoile à cinq branches ) sur la porte d’entrée ou sur le linteau de la cheminée.

La période de l’accouchement est l’

CALENDRIER  DE GROSSESSE

 

 

 Deux grands rites, généralement employés en parallèle, permettaient également de protéger la maison de l’accouchée. Le premier, appelé coutume de « dénouement », qui symbolise la délivrance
( entbinden en allemand ), où l’on dénouait tous les nœuds de la maison, ainsi que les serrures. Toutes les personnes, en lien avec l’accouchement, et qui rentraient dans la maison, devaient dénouer tous les nœuds de leurs vêtements et leurs lacets. Le second rite, appelé coutume de « fermeture », servait de protection contre les esprits. Toutes les ouvertures extérieures de la maison étaient cloisonnées et mastiquées ( portes, fenêtres, trous,…).

 

 Pour faciliter le travail de l’accouchée, les Alsaciens avaient pour habitude d’invoquer les saints protecteurs des femmes en couches : Sainte Odile, Sainte Anne et Sainte Marguerite ; ou les anges Sini, Sinsini et Smangalof, anges venant au secours des femmes enceintes.

 

 D’autres méthodes, issues de la médecine populaire, étaient employées pour faciliter le travail de la parturiente; ainsi il arrivait qu’on attache un ruban, sur lequel figurait une prière à Notre Dame, autour du ventre de la femme enceinte, et qu’on place la femme sur un coussin rempli d’herbes et de fleurs bénies à l’Assomption.

 Il était fréquent également de donner quelques gouttes de Schnaps, ou de vin mélangé à du miel, à la parturiente. Dans la région d’Ingwiller, on avait pour habitude de mettre un sachet de persil sur l’abdomen de la parturiente, afin d’intensifier ses contractions.



L’instant de la délivrance approchant à grands pas, la sage-femme, la deuxième actrice principale de l’accouchement, est appelée. Son rôle important mérite que l’on s’attarde un moment sur l’étude de la pratique de son métier dans notre région.

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