La sage-femme était élue parmi les jeunes filles du village, par les personnalités de la commune. Elle partait alors faire ses études à Metz ou à Strasbourg, aux frais de la commune ; mais elle faisait également des stages pratiques chez la sage-femme du village. L’apprentissage se faisait en mêlant la tradition et les coutumes ancestrales, avec les nouveaux acquis scientifiques, exercés dans les hôpitaux des grandes villes.

La première école de sages-femmes d’Europe a été crée à Strasbourg en 1728, afin qu’elles acquièrent un minimum d’éducation, dont on leur reprochait souvent le manque.

Comme toutes les professions médicales dans une société marquée par le christianisme, les sages-femmes étaient contrôlées par des structures appartenant à l’Eglise, afin de les dévier des pratiques de sorcelleries, de pouvoir prier avec les futures mères, et de faire accepter aux femmes que l’accouchement avec douleur est nécessaire ( car c’est une conséquence du péché originel de la femme ). Cette éducation religieuse était extrêmement importante, à cause des baptêmes d’urgence qu’elles étaient amenées à exécuter. Les sages-femmes ayant reçu l’enseignement religieux devaient prêter serment et étaient alors appelées « sages-femmes jurées ».

Au XVème siècle, à Strasbourg, «le docteur Widman préconise l’institution de sages-femmes assermentées, car elles sont fréquemment maladroites ou peu serviables, surtout à l’égard des accouchées pauvres et il y a parmi elles des sorcières et des magiciennes » ( extrait de Une ville du XVème siècle : Strasbourg de Jacques HATT ). Cet extrait indique bien le fossé qui existait entre médecine populaire et médecine scientifico-religieuse. La religion n’acceptant pas tout ce qui n’est pas conforme.  

Cette main mise de la religion sur la sage-femme a engendré, en 1785, l’obligation d’avoir, pour chaque commune pratiquant la religion catholique et la religion protestante, deux sages-femmes, une de chaque religion. Il était alors mieux vu de se faire accoucher par la sage-femme qui pratiquait la même religion que soi-même, même si l’on avait légalement le choix.

La sage-femme détenait la connaissance des plantes médicinales, des rites et des superstitions entourant la naissance. Lors d’un accouchement difficile, elle était dans l’obligation de faire appel aux autres sages-femmes de la ville, comme à Colmar, par exemple.

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A cette époque, les villageois malades consultaient plus facilement la sage-femme que le médecin, trop onéreux et qui symbolisait le fait d’avoir une maladie incurable. Elle était rémunérée de façons différentes, en nature ou en espèces, en fonction des communes.

Même si actuellement, on accouche sur des lits arrangés, l’accouchement se faisait jusqu’au XXème siècle sur une chaise spéciale, appelée chaise obstétricale.


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