LES AVORTEMENTS


De tout temps les Eglises se sont opposées à l’avortement. Les Etats jusqu’au XXème siècle interdisaient cette pratique en condamnant à mort les femmes, qui avortent, et de châtiments corporels les sages-femmes, qui ont pratiqué un avortement.

En Alsace un dicton populaire dénonce cette pratique : « Liewer zehn of em Kisse, als eins of em Gewisse » ( mieux vaut avoir dix enfants sur le coussin qu’un seul sur la conscience ).

Malgré tout cela, les femmes alsaciennes avaient recours à l’avortement, notamment les filles-mères (voir paragraphe sur les filles-mères) et les mères ayant déjà une progéniture importante. La mortalité importante des femmes lors des avortements n’empêchait pas cette pratique.

 

Une première méthode d’avortement était l’usage de tisanes de plantes réputées abortives : romarin, racines de pissenlit, persil, buis, sureau, ou encore fougère. Ces plantes ont en fait des vertus purgatives et/ou vomitives, et sont, ainsi préparées, nocives pour la santé. Les drogues aux vertus abortives étaient également conseillées par les sages-femmes.

La seconde méthode, plus médicale, consistait à demander à la sage-femme de provoquer les premiers saignements, un médecin terminant le travail par un curetage.

 

LES EUTHANASIES

 

« Bi e guede Hewamm gibt es kenn Krippel im Dorf »

( s’il y a une bonne sage-femme dans le village, il n’y a pas d’estropié )

 

 La venue au monde d’un enfant présentant des malformations physiques, était une catastrophe économique pour la famille, car les établissements spécialisés n’existaient pas encore. C’était à la mère, élément central de la ferme, de s’occuper de lui ; ce qui diminuait la main d’œuvre à la ferme. La naissance d’un tel enfant signifiait le déclin de la ferme. A cela s’ajoutait le fait que selon les chrétiens, un tel enfant était une punition divine. L’enfant était alors caché, par honte.

 

 On comprend mieux alors que la sage-femme pratiquait des euthanasies, sous la pression implicite familiale et sociale. Ces enfants, venant au monde avec des tares physiques, étaient considérés comme des accidents de la Nature. On pensait que leur seul souhait était de retourner là d’où ils venaient. Ces euthanasies n’étaient alors pas considérés comme des péchés.

 

 

 Après la venue au monde du nouveau-né, l’accouchement n’est pas terminé. Cordon ombilical et placenta ouvrent à d’autres rites culturels.

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