SOINS APPORTES A LA MERE


« Ze ercht de Stamm, dann de Ascht »

( D’abord le tronc, ensuite la branche )

Jusqu’au XXème siècle la parturiente faisait l’objet de toutes les attentions. En effet, « Man soll nie vergesse dass a Kindbettere a Fues im Grab hat » ( il ne faut jamais oublier qu’une accouchée a un pied dans la tombe ).

Après l’accouchement, l’accouchée faisait sa toilette avec du vin bouilli, ou une décoction de sauge. La sage-femme lui demandait alors de rester immobile, les jambes croisées et les bras le long du corps. Puis, pour éviter la Sinkung ( « descente d’organe » ), la sage-femme avait pour habitude de poser une pile de draps sur l’abdomen de la femme.  

Durant les premiers jours suivant l’enfantement, l’alimentation de la mère ne consistait qu’en bouillon de poule, ou de soupe faite de pain et d’eau, avec parfois un peu de crème.

La mère était alitée durant les neufs jours suivant l’accouchement. Elle ne reprenait ses activités qu’au fur et à mesure. Après la cérémonie des relevailles, elle était à nouveau réintégrée dans la société.


SOINS APPORTES A L'ENFANT


La famille et la sage-femme faisaient en premier lieu attention aux réactions de l’enfant. Son premier cri, notamment, était symbole de victoire de la vie sur la mort. Son aptitude à grandir se traduisait selon la façon, plus ou moins énergique et forte, du premier cri. S’il n’exprimait pas son désir de vivre, il subissait alors l’épreuve des bains chauds et froids, pour le réveiller un peu.

Après ces premiers signes de vie, venait la ligature du cordon, geste essentiel de la sage-femme car sa bonne réputation en dépendait, et surtout ceux des filles. La sage-femme lavait ensuite le bébé. Ce premier lavage s’effectuait le plus souvent avec du vin chaud, que l’on mettait également dans la bouche de l’enfant. Dans d’autres régions, on préférait placer du sel, symbole d’immortalité et de sagesse divine, et quelques miettes de pain dans sa bouche.

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L’enfant est ensuite habillé avec soins dans un maillot. Cette tradition de l’emmaillotement est très ancienne, et a pour but de lui donner des jambes bien droites et de lui assurer la chaleur.

Durant les neufs jours, où la mère était alitée, c’est la sage-femme qui s’occupait des soins du nourrisson.

L’allaitement maternel était une étape quasi obligatoire, malgré l’existence de nourrices chez des familles aisées. Pour activer et faciliter les sécrétions lactées, la médecine proposait plusieurs solutions, comme boire beaucoup de bière ou des tisanes spéciales.

En fait, l’allaitement était plus qu’un passage de nourriture ; selon les croyances populaires, par le lait, c’est la personnalité et la sensibilité de la mère qui passe.

 Après ces premiers soins, la famille avait pour objectif de protéger le nouveau-né, fragile aux agressions extérieures.

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