LE JOUR IDEAL

 

 On attachait beaucoup d’importance au jour et à l’heure de la naissance. De même que l’arbre commémoratif retrace au fur et à mesure la vie de l’enfant, la date de naissance permettait de connaître de suite sa destinée. Bien évidemment, chaque recoin de l’Alsace cache une croyance différente à ce sujet ; mais elles s’inspirent toutes de convictions religieuses, se calquant sur les écrits de la Bible.

 

 Les enfants nés à minuit, heure de prédilection des esprits maléfiques, partaient déjà du mauvais pied dans la vie. Par contre, s’ils naissaient à l’aube, le bonheur leur souriait.

 Les affamés et les « estomacs dans les talons » naissaient en général dans la matinée, ou midi.

 

 Le jour le plus favorable est bien évidement le dimanche, jour de résurrection du Sauveur pour les chrétiens, et jour du soleil pour les païens ( comme on le constate en allemand avec Sonntag ). Un enfant né un dimanche était considéré comme chanceux : « A Sonntag’s Kind, a Glickskind » ( Un enfant du dimanche, un enfant chanceux ), « Sie sän die Sonn sogar wän sie hindr de Wolke isch » ( Ils voient le soleil même quand il est derrière les nuages ). Ce dernier dicton indique que l’on attribuait même des dons de double vue à ces enfants, qui avaient alors la faculté de voir les esprits et les fantômes ( comme les enfants nés durant la période de l’Avent ou le temps de Carême ).

 Le vendredi, jour de la mort du Christ, est par contre le jour le plus défavorable. Le vendredi 13 est de surcroît le jour le pire de tous. On prêtait même, dans certaines régions, des dons exceptionnels aux enfants nés un tel jour ; dons obtenus grâce au commerce avec les puissances infernales. Naître un vendredi 13, c’est faire un pacte avec le diable…

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 Comme dit précédemment, le choix de ces jours et de ces heures était largement inspiré des écrits bibliques. Les événements chrétiens joyeux correspondent aux jours les plus fastes, et les événements chrétiens tristes aux jours les plus défavorables pour une naissance.

 

 Les sages-femmes avaient également leurs idées « médicales » sur la question : les enfants nés en période de lune croissante sont favorisés, et les accouchements pendant cette période sont plus faciles car la chair serait censée se dilater. Les nuits de pleine lune donnent naissance à beaucoup plus d’enfants que d’habitude et ces enfants seront chanceux dans la vie.

 

LES PARTICULARITES PHYSIQUES DE L’ENFANT



De nombreuses superstitions et croyances sont rattachées aux particularités physiques de l’enfant :

 

Ø Un enfant qui naît avec des cheveux est un présage de bonheur.

 

Ø Porter à la naissance une veine bleue visible sur le front ou sur la tempe indique que l’on est frappé du signe du cimetière : le Kirchhofzeichen ; autant dire que ce n’était pas bon signe.

 

Ø Naître avec une dent ou plus est perçu comme mauvais présage.

 

Ø Avoir un enfant avec un nævus, traduit une frayeur importante de la mère pendant sa grossesse ou un désir alimentaire non exaucé de la mère.

 

Ø Avoir un angiome est considéré comme étant la matérialité d’une forte envie alimentaire non satisfaite de la mère durant la grossesse.

 

Ø Les mammites du nourrisson sont le signe de possession des sorcières.

 

Ø Un garçon né avec des cheveux roux est considéré comme étant un Roder Keip ( filou à cheveux roux ) ; une fille rousse est considérée, quant à elle, comme étant a Roti Hex ( une sorcière rousse ). Les roux sont suspectés d’entretenir des relations avec les esprits maléfiques, et on leur attribuait ruse et intelligence.

 

Ø Un enfant mal formé était souvent considéré par les adultes comme un châtiment divin.

 

Ø Naître coiffé, c’est-à-dire avec un bout de la membrane amniotique collée sur la tête, est considéré comme un présage de bonheur pour l’enfant.

 

 

A noter également que la symbolique du chiffre sept attribue une place tout à fait particulière au septième enfant d’une famille.

 

 

 Tout homme porte un prénom au minimum qui a été décidé par les parents. Les Alsaciens ne dérogent pas à la règle. Mais quelles sont les motivations principales des parents alsaciens pour le choix du prénom de leur enfant ?


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