04 août 2005
4/A- La question du choix du parrain et de la marraine
Le parrain et la marraine
étaient le plus souvent de la famille du baptisé. Mais avant que les parents
fassent la demande aux intéressés, il fallait qu’ils demandent l’avis au
pasteur ou au prêtre. Une fois le choix approuvé, les personnes choisies avaient
du mal à refuser. Comme c’est une fonction coûteuse, il était fréquent de
s’adresser à une personne aisée, qui n’appartenait pas au cercle familial.
Chez les catholiques, il n’y avait en général qu’un
parrain et qu’une marraine; tandis que chez les protestants il y avait deux
“couples”.
4/B- La cérémonie et les festivités civile
LA CEREMONIE
La cérémonie avait lieu
généralement le premier dimanche qui suivait la naissance. La famille formait
une procession, ouverte par la sage-femme portant le bébé, et par les parrains
et marraines.
L’enfant était vêtu pour l’occasion d’une
longue robe blanche et était allongé sur un coussin de baptême (Taufkissen). Tout le monde se revêtait de son plus beau costume; à noter que la tenue de
la marraine était importante car elle influait sur la vie de l’enfant.
Le cortège se dirigeait alors vers
l’église sous une explosion de pétards, afin d’éloigner les mauvais esprits. La
cérémonie, en soi, n’a que peu changé depuis cette époque; si ce n’est le fait
que le père devait se tenir au fond de l’église lors du baptême. A la sortie de
l’église, des Zuckererbsen étaient lancés aux enfants.
LES FESTIVITES
Le repas qui suivait était toujours très
copieux. En effet les parents et le parrain dépensaient beaucoup d’argent pour
fêter l’événement, et cela malgré les nombreuses ordonnances qui tentaient de
limiter ces excès.
Chez les protestants, le pasteur était
souvent convié à la table ( le curé n’en avait pas le droit ). Mais l’invitée
d’honneur était la sage-femme. Elle avait d’ailleurs une place et un
verre spécial ( Hewammglas ), souvent rempli de schnaps, qui lui étaient
réservés.
4/C- Le berceau de baptême: une particularité protestante
Le berceau
de baptême était un petit berceau décoré que la sage-femme (ou la marraine si
nécessaire) transportait lors de la procession jusqu’à l’église. Le berceau,
dans lequel était couché l’enfant, était alors posé sur un tréteau. L’enfant
était ensuite directement baptisé dans ce berceau portatif.
L’origine
de cette coutume semblerait être typiquement alsacienne et serait née dans le
pays de Hanau (existence attestée au XVIème siècle), puis se serait étendue
dans les villages protestants de Basse Alsace. La tradition du berceau de
baptême se perpétua jusqu’au XIXème siècle, puis s’arrêta.
4/D- Les présents offerts au baptisé
·
LE GOETTELPFENNIG
Le Goettelpfennig est un
denier de baptême, qui était offert par le parrain et la marraine au
baptisé. C’était un bien personnel dont l’origine est certifiée dès la fin du
XIIème siècle, et dont la disparition est évaluée à la fin du XIXème siècle. Cette
monnaie de baptême était frappée par les grandes villes de Colmar, Strasbourg,
Haguenau et Wissembourg. Le budget prévu pour les cadeaux de baptême était
souvent très important; c’est pourquoi la ville de Strasbourg, par exemple,
établissait souvent des ordonnances destinées à limiter ces dépenses (
limitations peu suivies par les familles ). Il
arrivait aussi que le baptisé reçoive un médaillon de baptême personnalisé,
dont on peut en observer un exemplaire à la bibliothèque du Grand Séminaire de
Strasbourg.
LE GOETTELBRIEF
Le Goettelbrief
est d’origine alsacienne et plus récente que celle du Goettelpfennig. Il
s’agit d’un papier généralement décoré, sur lequel sont notés la
valeur du don fait à l’enfant, des informations sur l’enfant et son baptême, et
les vœux que les parrains et marraines souhaitaient à l’enfant. C’est dans
cette lettre qu’était généralement enveloppé le Goettelpfennig.
Au fur et à mesure que cette coutume s’est encrée dans les familles alsaciennes, la présentation du Goettelbrief a évoluée: lettres imprimées, décors peints à la main, emploie de la méthode du canivet, etc...
LE MEDAILLON DE BAPTEME
Il
arrivait que les Göttelpfennig étaient remplacés par des médailles de baptême,
dont certains sont actuellement visibles au musée de Haguenau et à la
bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg. Cette coutume est principalement
catholique tout en sachant qu’il en existe cependant quelques-unes d’origine
protestante, dont trois d’entre elles sont exposées au musée d’Unterlinden.
On doute cependant sur le moment où l’on offrait ces médaillons. En effet aucun souhaits de baptême ne les mentionnent ce qui laisse à supposer qu’elles étaient offertes indépendamment des vœux de baptême.
4/E- La cérémonie des relevailles
La cérémonie des
relevailles correspond à la première fois que la mère sort de la maison après
l’accouchement. Cela se passe en générale quatre semaines après la naissance (
réapparition des règles ). Les catholiques avaient un rituel plus complexe que
les protestants. Au XIXème siècle, chez les protestants, cette cérémonie était
même directement jointe à celle du baptême.
Mais dans ces deux religions, la cérémonie
était accompagnée d’un copieux repas afin que la mère reprenne les forces
perdues lors de l’enfantement.
